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L'avenir politique de Bernie Sanders est remis en doute

L'avenir politique de Bernie Sanders est remis en doute Photo: The Associated Press

Les proches de Bernie Sanders, le controversé sénateur indépendant du Vermont, se portent à sa défense, même s'ils commencent à apprivoiser l'idée que la campagne présidentielle de 2020 puisse se dérouler sans lui.

L'homme de 77 ans, qui se décrit comme un démocrate socialiste, est le plus important candidat éventuel à essuyer des revers dans le cadre de la course à la Maison-Blanche. Il a été éclaboussé par des allégations selon lesquelles des hommes travaillant pour lui en 2016 ont harcelé sexuellement des employées de la campagne.

Les loyalistes de M. Sanders s'attendent à ce qu'il lance une deuxième campagne au cours des prochaines semaines et son réseau de supporters acharnés organise des centaines d'événements à travers le pays ce week-end pour l'encourager à se présenter.

Mais les accusations l'ont placé dans une position peu enviable au début d’une campagne qui se déroulera avec pour trame de fond le mouvement #moiaussi. Pendant que ses adversaires visitent les États qui seront les premiers à voter et commencent à réserver des locaux, M. Sanders a passé la journée de jeudi à s'excuser pour le comportement d'une poignée de travailleurs de sa campagne de 2016 — et à rechercher de nouveaux employés pour celle de 2020, devrait-il se lancer.

Certains alliés ont perdu confiance en l'avenir de l'homme qui a remodelé la politique démocrate au cours des dernières années et a presque à lui seul introduit des priorités libérales comme l'assurance-santé pour tout le monde et la gratuité de l'éducation universitaire.

«S'il ne se présente pas, il y aura un vide énorme dans ce pays, a déclaré RoseAnn DeMoro, une militante et l'ancienne directrice générale du syndicat National Nurses United, qui a réaffirmé son soutien à M. Sanders. La passion dans cette base se dissipe. Cette base s'évapore. Elle ne va pas à quelqu'un d'autre. Il y aurait un vide si profond que ça irait (...) (au président Donald) Trump, je suppose.»

Politico a rapporté mercredi qu'en juillet 2016, un ancien conseiller principal de M. Sanders avait embrassé de force une jeune employée après y être allé de commentaires sexuellement explicites. L'équipe de M. Sanders a déclaré que le conseiller, qui nie l'allégation, ne participerait pas à une deuxième campagne, le cas échéant. L'ancien directeur de campagne Jeff Weaver, qui a été informé de certains incidents après la fin de la campagne, ne serait pas de nouveau responsable de la campagne, bien qu'il puisse occuper un autre poste.

Personne n'a prétendu que M. Sanders était directement au courant de ces incidents.

«De toute évidence, cela nous a tous beaucoup impactés. C'est très bouleversant», a déclaré Heather Gautney, la directrice générale de Our Revolution, la branche politique du réseau de M. Sanders.

En dépit de son inquiétude, Mme Gautney a averti les démocrates qu'une course sans M. Sanders en 2020 compromettrait les projets de réforme des soins de santé, de l'éducation, du logement et d'autres priorités libérales.

«Bernie défend le flanc gauche. S'il ne se présente pas à la présidence, tout l'horizon change, et les soins de santé universels disparaissent de la table, a dit Mme Gautney. À mon avis, il est une composante absolument essentielle de notre système politique.»

Certains dirigeants politiques ne prennent peut-être pas M. Sanders au sérieux, mais on devrait tenir compte de lui en 2020. Ayant presque battu Hillary Clinton en 2016, il dispose d'un réseau national engagé et d'une capacité impressionnante de collecte de fonds au niveau local. Il attirerait presque vraisemblablement certains des mêmes électeurs que ceux courtisés par des prétendants potentiels pour 2020, tels que la sénatrice du Massachusetts Elizabeth Warren, le sénateur du New Jersey Cory Booker et l'ancien représentant du Texas Beto O'Rourke.

Une ancienne employée de M. Sanders — Giulianna Di Lauro Velez, qui prétend avoir été harcelée lors de la campagne de 2016 — a écrit jeudi dans The Intercept que le harcèlement sexuel était répandu dans de nombreuses campagnes politiques. Mais elle a écrit que de nouvelles allégations concernant la campagne Sanders 2016 démontrent que le problème est encore plus profond que certains ne l'imaginaient.

Elle a appelé M. Sanders à «prendre la rare mesure de mettre en place une enquête indépendante sur les allégations de 2016».

Un porte-parole de M. Sanders n'a pas immédiatement répondu aux questions concernant les commentaires de Mme Velez.

M. Sanders a présenté ses excuses jeudi, comme il l'avait fait la semaine dernière, pour les torts causés sous sa surveillance et a envoyé un message direct aux femmes concernées.

«Je les remercie du fond du cœur de s'être exprimées. Ce qu'elles ont vécu est absolument inacceptable et ne constitue certainement pas le but d'une campagne progressiste — ou de toute autre campagne», a-t-il dit.

M. Sanders a ajouté: «Toutes les femmes de ce pays qui vont travailler aujourd'hui ou demain ont le droit de (travailler) dans un environnement exempt de harcèlement, sécuritaire et confortable, et je ferai de mon mieux pour que ça arrive.»

Les détracteurs de M. Sanders au sein du Parti démocrate estiment que ces allégations devraient l'inciter à abandonner ses projets en vue de 2020.

«Ces allégations nous apprennent que Bernie n'est vraiment pas préoccupé par le bien-être des femmes. Par conséquent, il ne nous représenterait pas bien en tant que président, a dit Toni Van Pelt, président de l'Organisation nationale des femmes. Je pense vraiment que Bernie a besoin de s'asseoir.»

Le vaste réseau politique de M. Sanders n’est pas d’accord.

Katherine Brezler, la cofondatrice de People for Bernie Sanders, a déclaré que les accusations de harcèlement sexuel n'avaient absolument aucune incidence sur sa préférence pour M. Sanders. La militante new-yorkaise a ajouté que le harcèlement sexuel était présent dans pratiquement chacune des quelque 100 campagnes auxquelles elle a travaillé.

«J'ai rencontré ces gens et ce ne sont pas Bernie Sanders, a dit Mme Brezler. Nous sommes là pour rester.»

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avec Robert Pilotte

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